Après la tempête / After the Storm

February 17, 2018  •  Leave a Comment

 

Art on a stranded boat on Boqueron Beach, Puerto Rico. Puerto Ricans have used art as a cathartic way to cope with the devastation caused by hurricane Maria. 

(Photo: Elena Sartorius)

Après la tempête

After the storm

Cela fait cinq mois que l'ouragan Maria a frappé Puerto Rico. Je pense qu'aucun d'entre nous ici n'avait été préparé à vivre plusieurs mois sans électricité et aux terribles conséquences de l'ouragan sur l'économie, l'environnement, notre santé et notre santé mentale.

Le nombre de personnes qui sont décédées, directement ou indirectement, en raison de l'ouragan, fait encore débat (elles sont probablement plus de mille, enfants, adultes, personnes âgées). La plupart d'entre nous ont survécu. "Estamos vivos" (nous sommes vivants) est à présent la conclusion habituelle à beaucoup de conversations à Puerto Rico.

Comment va la vie maintenant pour nous à Porto Rico?, vous demandez-vous peut-être. Eh bien, cela peut être très différent, selon l'endroit où vous êtes dans l'île, la situation dans laquelle vous étiez avant la catastrophe, votre santé, votre capacité à rebondir.

On peut à nouveau savourer une glace dans le vieux San Juan, se promener ou jouer au volley sur la plage d'Ocean Park, se détendre loin de tout à Cabo Rojo, ou s'asseoir sur une terrasse et écouter chanter les coquís à peu près partout sur l'île . Il y a des zones où la vie revient peu à peu à la normalité, et ça fait du bien.

Cependant, les cicatrices sont partout, et dans de nombreux quartiers, l'électricité est toujours inexistante et l'eau courante va et vient. La reconstruction des maisons, des entreprises, des infrastructures et des vies en morceaux pourrait prendre beaucoup de temps. 

Après cinq mois de dur labeur avec la Croix-Rouge américaine (je vous invite à lire mes articles ici), et une transformation personnelle en profondeur, j'ai besoin de faire une pause. Pour ralentir, recharger mes batteries, me souvenir qu'il y a une vie après une catastrophe, sachant que d'autres sont en train de continuer le travail de récupération.

Il y avait des leçons à tirer de cette catastrophe pour tout le monde, les autorités, les organisations, les individus. J'espère que nous serons suffisamment à les avoir apprises, afin qu'une telle tragédie ne nous frappe plus aussi fort.

It's been five months since hurricane Maria hit Puerto Rico badly. I think none of us here had been prepared for several months without electricity and the dire consequences the hurricane had on the economy, the environment, our health and our mental health.

There is still a debate over how many people were killed directly or indirectly by the hurricane (probably over a thousand, children, adults, elderly). Most of us survived. "Estamos vivos"  (we're alive) is now the usual conclusion to many a conversation in Puerto Rico. 

How is life now for us in Puerto Rico, you may wonder. Well it can be very different, depending on the location you are in the island, the situation you were in prior to the disaster, your health, your capacity to bounce back. 

You can go again for a gelato in Old San Juan, stroll or play volley-ball on the beach in Ocean Park, relax away from it all in Cabo Rojo, or sit on a porch and hear the coquíes just about anywhere on the island. You can find areas where life is slowly returning to near normality, and that feels good.

However, there are scars everywhere, and in many barrios electricity is still inexistent and water inconsistent. Reconstruction of houses, businesses, infrastructure and shattered lives might take a long time. 

After five months of hard work with the American Red Cross (you can read my articles here), and a complete personal transformation, I am taking a break. To slow down, to recharge batteries, to remember there is a life after a disaster, knowing others are now taking over the recovery work.

There were lessons to learn from this disaster for everyone, authorities, organizations, individuals. I hope enough of us will have learnt them so that such a tragedy does not hit us again so bad.

 


A Puerto Rico, l'urgence continue

October 18, 2017  •  1 Comment
 
 

A Puerto Rico, l'urgence continue

Un mois après le passage de Maria, la grande majorité de la population tente de  se débrouiller sans électricité ni eau courante.

Par moments, j'appuie sur l'interrupteur en oubliant que l'électricité ne va pas revenir de sitôt. Je n'ai pas beaucoup écrit ces derniers temps. Je pensais qu'écrire à la bougie me viendrait naturellement, comme tant d'écrivains ont pu le faire par le passé. Que nenni, premièrement je ne suis pas écrivain. Ensuite, moi, à la bougie, je n'y vois strictement rien.

Puerto Rico, mon île bien-aimée, mon jardin secret, mon havre de paix! Puerto Rico est devenue l'espace de deux ouragans le décor d'une catastrophe humanitaire qu'on n'avait pas vue venir. On avait déjà assez avec la crise de la dette. Ben quoi, l'univers a décidé que ça ne suffisait pas. Maintenant en plus de la dette, on s'éclaire à la bougie, on lave notre linge à la main (on trouve à présent des planches à laver aux coins des rues, comme celles qu'utilisaient nos grand-mères), on mange plus de conserves que de repas chauds ou de légumes frais, et les plages sont pleines de voiliers échoués et de cadavres de cocotiers. Mais les Portoricains (et les demi-Portoricains comme moi) sont vaillants et solidaires. On s'entraide comme on peut: je t'apporte des glaçons trouvés par miracle dans une station service, tu me donnes un peu de courge bouillie sur le barbecue de ton jardin ou le dernier réchaud à gaz déniché dans une quincaillerie après une heure de queue.

Avant les ouragans, je travaillais bénévolement pour la Croix-Rouge locale (la Croix-Rouge américaine, donc). Je continue à leur donner de mon temps. Sans eau, sans électricité, et sans réchaud pour cuisiner, je n'ai pas grand-chose d'autre à offrir en ce moment. Il y a deux jours, je suis partie à Rincón, dans l'ouest de l'île, avec deux militaires et un pompier à la retraite. Des Portoricains venus de l'étranger pour donner un coup de main, bénévolement comme moi, à la Croix-Rouge. Leur équipe est chargée d'amener une aide personnalisée à des personnes âgées, handicapées, malades ou à des familles avec des enfants en bas âge. Plus rapides que la pluie, ils te montent acrobatiquement une bâche sur un toit branlant (ou ce qu'il en reste). J'ai pu immortaliser l'instant. Je ne sais toujours pas comment la photo que j'ai prise s'est retrouvée en une de Metro ce matin.

Tout ce que je sais, c'est que l'urgence continue à Puerto Rico.

In Puerto Rico, the emergency is not over

One month after the passage of hurricane Maria, most of the population is still trying to cope without electricity or running water.

I don't know why I sometimes keep pressing the switch, forgetting that electricity won't be coming back any time soon. I know I have not written much lately. I thought writing at candlelight would be easy, so many writers have done it in the past. I was wrong. Firstly I'm not one of those writers. Secondly I can't see a thing at candlelight.

Puerto Rico, my beloved island, my secret garden, my haven of peace! Battered by two hurricanes, Puerto Rico has become the scene of a humanitarian catastrophe no one had anticipated. As if the debt crisis weren't enough. Now, in addition to the debt, we have to light candles at night, wash our clothes by hand (washboards like those used by my grandmother have sprung up for sale on the street), eat more canned food than fresh vegetables, and my beloved beaches are full of stranded sailboats and corpses of coconut trees.

However Puerto Ricans (and half-Puerto Ricans like me) are valiant and we have a real sense of solidarity. We try to help each other as much as we can: I bring ice cubes I found by a miracle in a gas station for you, you give me a little of the pumpkin you were able to boil on the barbecue in your garden or on the last remaining gas stove found in a hardware store after you queued up for one hour.

Before the hurricanes turned our lives upside down, I was volunteering for the local Red Cross. I still am. Without water, without electricity, and without a stove to cook, I'm afraid I don't have much else to offer right now. Two days ago, I was in  Rincón, in the western part of the island, with two members of the military and a retired firefighter. Puerto Ricans who came from abroad to volunteer like me with the Red Cross. Their team is responsible for bringing personalized assistance to the elderly, the disabled, the sick and to families with small children. They can acrobatically mount a tarp on a rickety roof (or what remains of it) faster than the rain.
I was able to immortalize the moment. I'm still not sure how the photo ended up on the cover of the local version of Metro this morning.

All I know is that the emergency is not over here in Puerto Rico.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Lancement de mon premier livre, "Genève, l'esprit solidaire"!

December 15, 2016  •  Leave a Comment

Lancement de mon premier livre, "Genève, l'esprit solidaire"!

Genève, mardi 24 janvier 2017 à 18h.

Ouvrage pour les 50 ans de la Fédération genevoise de coopération (FGC).

La publication évoque l’histoire des associations, donne la parole à celles et ceux qui ont jalonné son parcours et illustre une sélection de projets, tant ici qu’au Sud, qui ont façonné 50 ans de coopération genevoise avec le reste du monde.

Après une brève présentation de l’ouvrage, des membres et partenaires de la FGC et des représentants des autorités prendront la parole.
Un apéritif sera offert pour clore cette soirée.

"Nous sommes le 14 décembre 1966. Dix hommes et six femmes représentant une douzaine d’ONG sont attablés au Café du Boulevard, leur QG habituel au boulevard Georges-Favon. Depuis un an et demi, c’est autour de ce qu’elles appellent la « Table Ronde » que ces personnes se retrouvent. (...) Ces associations viennent d’horizons divers, mais elles ont un objectif commun : coordonner leurs efforts pour une aide plus efficace. Ce jour-là, c’est leur dernière Table Ronde. Les rencontres informelles, les débats passionnés et les échanges de bonnes pratiques vont prendre une nouvelle dimension. En cette fin d’année 1966, (...) les 12 organisations décident de sceller officiellement leur destin en créant la Fédération genevoise de coopération avec le Tiers-Monde (FGCTM), qui deviendra FGC en 1972. (...) L’aventure solidaire se formalise, elle perdure depuis 50 ans…"

Extrait de l’ouvrage rédigé par Elena Sartorius et qui sera disponible sur place à un tarif préférentiel.

Inscriptions souhaitées sur:
melanie.rouquier@fgc.ch ou 022 908 02 80

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Nouvelles d'Haïti / News from Haiti

October 12, 2016  •  Leave a Comment

Je vous invite à suivre mon blog haïtien sur / Come and visit my Haiti blog on: http://stages.mazblog.ch/category/2016/haiti-elena-sartorius/

Cyclone_Matthew_HaitiMatthew: des habitants de Sucrerie-Henry, dans le Sud, ont bénéficié de dons de la part de jeunes entrepreneurs haïtiens.

(Photo: Elena Sartorius 2016)

 

 

 


Haïti: un séisme peut en cacher un autre / Haiti: walls are rebuilt... what about the lives behind?

February 18, 2016  •  Leave a Comment

Mirlaine, rebuilding her life after disaster and abuseMirlaine, 17, rebuilding her life after disaster and abuse

(Photo: Jan Schneider)

Haïti: un séisme peut en cacher un autre

Haiti: walls are rebuilt...

but what about the lives behind?

Lors d'un voyage en Haïti avec la Fondation Terre des Hommes, j'ai rencontré Mirlaine, 17 ans, dans sa maison au fond d'une allée étroite de Port-au-Prince.

Victime des violences sexuelles contre les enfants qui se sont multipliées dans les camps de réfugiés après le tremblement de terre de 2010, elle revient de loin.

Aujourd'hui elle rêve encore de retourner sur les bancs de l'école, qu'elle a dû quitter à l'âge de 13 ans, lorsque le séisme a bouleversé sa vie.

Un rêve pour le moment hors d'atteinte pour celle qui était pourtant une bonne élève. 

Attention: un séisme peut en cacher un autre.  

(Lire l'histoire de Mirlaine)

During a trip to Haiti with Terre des Hommes Foundation, I met Mirlaine, 17, in her home tucked in a narrow street of Port-au-Prince.

A victim of the sexual violence against children prevalent in refugee camps after the 2010 earthquake, she has gone to hell and back.

Today she dreams of going back to school, which she was forced to leave at the age of 13, the day the walls came tumbling down, shattering her life.

A distant dream for a once bright student.

Walls have been rebuilt, but what about the lives behind?

 

(Read Mirlaine's story

(For more impressions on Haiti, read my Facebook post)

 

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